Don d'ovocytes en France
Le don d'ovocytes se pratique en France depuis 1994. Il permet à des femmes stériles de mener à terme une grossesse. Chaque année, une cinquantaine de bébés voient le jour grâce à lui et à la technique de procréation médicalement assistée.
La loi
En France, le don d'ovocytes est régi par la loi bioéthique du 29 juillet 1994, tout comme le don de sang et celui d'organes. Au départ, à cause des fantômes du scandale du sang contaminé, les embryons devaient être congelés pendant six mois, pour éviter toute contamination de maladie virale (HIV et hépatites en particulier).
Ce principe de précaution extrême diminuait de moitié les chances de grossesse (moins de 20 %, contre 40 % aujourd'hui). Les embryons congelés étant beaucoup moins fiables, les Françaises se rendaient à l'étranger pour bénéficier de ce don, en Espagne et en Belgique notamment.
Depuis le mois de juin 2004, un décret a permis d'assouplir la législation en vigueur. Depuis, l'activité des Centres d'Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme (CECOS), au nombre de vingt-deux en France a augmenté.
Les receveuses
Il s'agit de femmes dont les ovaires ne fonctionnent pas, pour cause de ménopause précoce, de traitement chimiothérapique ou encore de maladie génétique, comme le syndrome de Turner. Elles ne fabriquent pas d'ovules mais peuvent mener à terme une grossesse sans problème, puisque leur appareil reproducteur, hormis les ovaires, fonctionne.
Il suffit donc de préparer ces femmes de manière artificielle à recevoir un embryon. Une prise de médicaments permet à leur endomètre de s'épaissir avant d'accueillir l'ovocyte, qui pourra alors se nidifier. Ce traitement est poursuivi pendant les trois premiers mois de la grossesse.
Les donneuses
La donneuse est une femme qui décide donc de faire don d'une partie de ses ovocytes. Elle doit être déjà mère, âgée de moins de 38 ans, avoir l'accord de son conjoint et accepter les conditions du don : anonyme et gratuit.
Elle doit aussi pratiquer quelques tests pour dépister d'éventuelles maladies.Le don d'ovocytes nécessite une préparation hormonale ainsi qu'un prélèvement par ponction réalisé sous anesthésie. C'est le même principe que la Fécondation In Vitro (FIV).
Dans certain cas, les donneuses sont sensibilisées par une proche qui ne peut avoir d'enfant. Quand une demandeuse se présente avec une donneuse dans les CECOS, elles passent alors en tête de la liste d'attente et les délais sont diminués. Mais la receveuse ne recevra pas l'ovocyte de la donneuse qui l'accompagne, puisque le don est anonyme et gratuit.
Il faut savoir que donneuse et receveuse ne sont pas choisies au hasard. Leur morphologie (couleur des yeux, des cheveux...), leur ethnie d'origine, leur groupe sanguin doivent correspondre, ce qui permettra aux futures mamans de donner naissance à un enfant qui leur ressemble au plus près.
Notre pays manque cruellement de donneuses, ce qui pousse les receveuses à aller à l'étranger. Aux Etats-Unis, la législation permet d'acheter des ovocytes. Certains couples préfèrent opter pour cette solution, en désespoir de cause. Du point de vue de l'éthique française, c'est incompatible avec le principe du don et répréhensible.



